Visio conference

Si nous avons pu présenter nos observations sur la rentrée lors de l’échange que nous avons eu avec le DGESCO dans le cadre de l’audience fédérale, il nous semblait indispensable d’avoir un entretien plus spécifiquement centré sur le rôle des inspectrices et des inspecteurs qui auront à porter les réformes en cours.

 Rencontre DGESCO/SI.EN : une première étape, à suivre !...

Pour donner tout son sens à cet entretien, il convenait qu’il ait lieu assez tôt au moment de la rentrée scolaire. Eu égard aux difficultés d’agenda des uns et des autres, nous avons retenu d’un commun accord la perspective d’une visioconférence. Celle-ci a eu lieu le 5 septembre et a associé :
- pour la DGESCO : Édouard Geffray et la chef du Service de l'instruction publique et de l'action pédagogique, Rachel-Marie Pradeilles-Duval
- pour le SI.EN UNSA : Élisabeth Jardon, Franck Montuelle, Guy Péquignot et Patrick Roumagnac

Pendant près d’une heure trente, nous avons pu échanger avec des interlocuteurs attentifs et soucieux de connaître le point de vue de notre syndicat qu’ils ont affirmé considérer comme un partenaire sérieux, exigeant, mais positif et très largement représentatif des inspectrices et des inspecteurs.

Comme entrée en matière, nous avons redit notre attachement à la défense du principe d’équité territoriale visant à proposer à tous les jeunes, quelle que soit leur origine ou leur situation, une offre éducative de la meilleure qualité possible. Notre rôle de pilote est complexe, mais nous savons que les équipes pédagogiques partagent massivement notre ambition et sont prêtes à faire évoluer leurs pratiques pour autant que ceci se fasse dans la sérénité, le respect des compétences des uns et des autres et la prise en compte des caractéristiques spécifiques des territoires où elles interviennent.

Pour filer la métaphore de l’avion, de son pilote et de son équipage, nous avons insisté pour que les responsables de la tour de contrôle (la hiérarchie locale) veuillent bien se calmer et qu’ils cessent de hurler sans cesse de nouveaux ordres qui ne sont pas toujours rassurants pour la stabilité et le devenir de l’appareil !

Nous avons aussi rappelé qu’avait été ouvert, dans le cadre de l’agenda social des corps d’inspection, la perspective d’une reprise de notre circulaire missions. La DGESCO est, bien sûr, associée à cette partie de l’agenda social et nous avons insisté pour que les échanges et les débats sur cette question reprennent le plus rapidement possible.

À titre d’exemple pour préciser nos représentations sur la sérénité dont nous pensons qu’elle constitue le seul cadre adapté pour l’introduction des réformes dont nous reconnaissons volontiers que l’École a besoin, nous avons évoqué la question des évaluations. Composante incontournable de l’apprentissage, les évaluations sont devenues au fil du temps l’enjeu d’une bataille médiatique qui nous semble totalement éloignée des enjeux réels de cette démarche. Nous ne contestons en rien, bien au contraire, l’intérêt de disposer d’évaluations nationales, mais nous soutenons que ces dernières sont des outils professionnels qui doivent aider les équipes éducatives à évaluer, mais aussi à communiquer avec les parents. Elles peuvent aussi aider les inspecteurs dans leur mission de pilotage. En revanche, on voit bien que les tensions actuelles résultent de conflits qui n’ont rien à voir avec l’outil lui-même ; ce n’est pourtant que dans une ambiance apaisée que nous pourrons réellement tirer tout le profit nécessaire de ces évaluations.

Nous avons encore souligné le paradoxe d’un système éducatif où bon nombre de responsables de haut niveau semblent plus préoccupés de répondre aux souhaits du ministre (les meilleurs seraient ceux qui réussissent à les devancer !...) que de mettre en œuvre une politique éducative ambitieuse et en phase avec notre environnement. Pas de chance, le ministre ne parle de numérique qu’une fois par an, à la rentrée, cela signifie donc qu’il n’y a guère d’urgence à en promouvoir les usages à tous les niveaux du système éducatif. Et c’est ainsi que le numérique reste trop souvent confiné à l’état de cerise sur le gâteau pédagogique, ce dernier prenant de plus en plus un goût ranci !

Bien évidemment, notre interlocuteur a trouvé cette critique un peu sévère… tout en reconnaissant qu’elle n’était pas totalement infondée ! Nos échanges ont ensuite porté sur trois sujets majeurs pour les inspectrices et les inspecteurs en cette rentrée scolaire : la mise en place des PIAL dans le cadre de l’école inclusive, la transformation de la voie professionnelle et la réforme de l’orientation.

 

VC DGESCO

 

Le PIAL, work in progress…

Le dispositif des PIAL s’inscrit dans la cohérence des mesures destinées à renforcer la capacité inclusive de l’École. À ce titre nous soulignons son intérêt. Ce principe initial posé, reste à savoir comment le mettre en œuvre. Nous attirons l’attention du DGESCO sur plusieurs contraintes, trop souvent négligées sur le terrain, ce qui risque d’affaiblir l’impact des PIAL, conduisant de facto à l’émergence d’une légitime amertume, tant chez les parents d’élèves concernés que chez les enseignants. L’attente est grande chez les uns et les autres ; la décevoir serait vraiment regrettable.

Tout d’abord, nous soulignons que les PIAL ne peuvent pas être généralisés avant d’avoir été suffisamment expérimentés. Leur déploiement impose une adhésion de tous les acteurs impliqués et une prise en compte des caractéristiques particulières des territoires. Nous avons ainsi été alertés par les inspecteurs sur le cas d’académies s’engageant vers des généralisations sous un format unique. Ces « commandes institutionnelles » s’apparentent davantage à des diktats organisationnels qu’à une réelle préoccupation fonctionnelle au service de la réussite de tous les élèves. Nous insistons sur les nécessaires marges d’autonomie et de capacité décisionnelle qui doit revenir aux inspecteurs afin qu’ils soient d’authentiques pilotes de ce dispositif.

Par ailleurs, nous rappelons que l’affirmation d’une ambition, si sympathique et pertinente qu’elle soit, n’aura guère d’avenir si la question des moyens nécessaires à sa mise en œuvre passe au second plan. Là encore, nous regrettons de constater qu’en plusieurs académies ou départements les ressources humaines mobilisées ne sont manifestement pas à la hauteur des enjeux. Si, in fine, le PIAL doit permettre une répartition rationnelle et optimisée des moyens consacrés à l’accompagnement des élèves à besoins particuliers, il suppose aussi une gestion administrative qui correspond à un temps de travail significatif. Nous prévenons qu’il est totalement exclu que cette charge nouvelle soit confiée aux IEN ou à leurs équipes de circonscription.

Enfin, nous réaffirmons que la prise en charge des besoins spécifiques des élèves susceptibles de relever des PIAL ne saurait se limiter à la dimension scolaire et pédagogique. Elle impose une articulation avec les soins dont ces jeunes ont besoin pour tirer un réel profit de l’inclusion.

Nous concluons en réclamant que le dispositif des PIAL se généralise dans la sérénité et en bénéficiant des moyens nécessaires pour que l’École, ainsi que la société deviennent vraiment inclusives.

Notre interlocuteur nous assure que la volonté ministérielle est très convergente avec ce que nous posons comme ambition pour ces jeunes. Il s’accorde sur le fait que le déploiement des PIAL nécessite une réelle réflexion sur le terrain et ne saurait s’accommoder de simples consignes hiérarchiques. Il affirme toutefois que cette prise en compte des particularités locales ne doit pas estomper la volonté de répondre aux besoins particuliers des jeunes relevant de ces accompagnements spécifiques. Il est conscient du rôle crucial des inspecteurs pour piloter ces projets et nous engage à lui faire part de toute difficulté que nous pourrions rencontrer ici ou là.

 

Transformation de la voie professionnelle, une ambition… modeste !

Les inspecteurs du SIEN-UNSA regrettent que les propositions ambitieuses qu’ils avaient faites au ministère n’aient pas été entendues, pour une transformation de qualité de la voie professionnelle, préparant à la société de demain.

Ils auraient de surcroit apprécié disposer d’une année supplémentaire pour s’approprier les principes et objectifs de cette transformation et œuvrer auprès des équipes et des chefs d’établissement, pour une mise en œuvre efficiente et sereine et non dans l’urgence.

Ils déplorent la publication tardive et au compte-gouttes des différents textes afférents, mais aussi des programmes rénovés des enseignements généraux. Tous documents qu’ils ont découverts, aux côtés des chefs d’établissement, en même temps que les enseignants…

Pourtant, les inspecteurs ont été partout mobilisés et loyaux, dans l’accompagnement des équipes enseignantes, aux côtés des chefs d’établissement.
Ils y ont consacré beaucoup de leur temps. En dépit de tensions plus ou moins importantes dans les établissements, de réactions parfois agressives envers eux, ils ont impulsé ces changements de paradigmes pédagogiques et didactiques, pour assurer la rentrée scolaire. On attend encore et toujours des inspecteurs qu’ils fassent des miracles et qu’ils mettent en œuvre des formations sans moyens financiers. Parallèlement, on ne leur laisse pas toujours la possibilité de piloter et certains les considèrent parfois comme de simples accompagnateurs, voire des pompiers de service.
Aujourd’hui, il va s’agir de garantir l’équité territoriale, ce qui nécessite concertation et temps. Les inspecteurs s’interrogent entre autres sur le chef-d’œuvre dont le suivi peut être très différent en fonction du tissu économique et de la richesse des travaux proposés par les partenaires professionnels. Pour cela, ils revendiquent également un rôle de pilotage dans l’élaboration de la nouvelle carte des formations.
Pour une véritable évolution de la voie professionnelle, pour une amélioration de son image, il est plus que nécessaire que les collègues soient soulagés des nombreuses missions annexes qui engendrent une surcharge de travail mais aussi une tension avec la hiérarchie.
Dans l’école de la confiance, nous sommes des interlocuteurs potentiels, des pilotes qui doivent se sentir écoutés et respectés.

Notre interlocuteur est bien conscient de la difficulté que vivent les inspecteurs qui ont à faire passer des réformes nécessaires, mais pas toujours bien comprises. Pour ce qui est de la transformation de la voie professionnelle, la DGESCO a commencé à produire des documents d’accompagnement des équipes. Il est évident que ces documents doivent être explicités et c’est typiquement le rôle des inspecteurs que de prendre en charge cette médiation. Il déclare savoir toutes les compétences et tout l’engagement des inspecteurs. Une fois encore, il nous engage à lui faire remonter toutes les difficultés ressenties sur le terrain. Selon lui, la transformation de la voie professionnelle traduit une ambition forte du ministre et, plus globalement du gouvernement, mais sa mise en œuvre nécessitera du temps et de l’énergie.

Rapport Charvet sur l’orientation, nécessaire mais insuffisant…

Concernant l’orientation, le SI.EN-UNSA est intervenu sur les conclusions du rapport Charvet en regrettant en préambule l’absence de concertation avec les représentants du SI.EN, comme d’ailleurs de l’UNSA, pour sa réalisation. Si notre syndicat partage globalement les constats décrits par le rapport sur la situation actuelle de l’orientation, il s’inquiète de ce que pourrait être la mise en œuvre des préconisations retenues.

En premier lieu, la problématique de l’orientation est vue exclusivement à partir du lycée. Il n’y a aucune référence aux procédures d’orientation et d’affectation qui interviennent dès le collège en fin de 3e et qui déterminent souvent de façon irréversible le parcours de l’élève. Nous soutenons pourtant que ce n’est qu’en impliquant très tôt l’ensemble des personnels dans une démarche d’accompagnement des projets personnels des élèves qu’il sera possible de faire évoluer un processus trop souvent décrié sans être réellement analysé.

De même, si les passerelles entre voies de formation sont réaffirmées comme étant nécessaires pour faciliter d’éventuelles réorientations, elles risquent de ne pas être effectives, dès lors que la frontière entre voie GT et voie professionnelle est quasi fermée dès l’entrée en classe de seconde.

Enfin la réforme actuelle du lycée pourrait induire, à travers les choix de spécialités effectués par les élèves, des risques de reconstitutions de filières nobles et d’autres qui le seraient moins au sein même des établissements.

Concernant les réorganisations structurelles nécessaires eu égard à la nouvelle prise en charge de l’orientation par les régions, le SI.EN s’interroge sur le positionnement et les missions des IEN-IO. S’il partage l’idée que « L’IEN-IO s’occupera désormais de l’ingénierie pédagogique de l’orientation », encore faudra-t-il en préciser les contours qui restent à ce jour particulièrement flous. Le SI.EN revendique que ce soient les IEN-IO, placés sous l’autorité directe des recteurs et en lien avec les DASEN, qui soient les véritables pilotes de cette ingénierie pédagogique de l’orientation, aussi bien en terme d’accompagnement des établissements et des équipes sur le terrain, que de régulation entre les différents acteurs (corps d’inspections, psy EN, DCIO, partenaires professionnels…).
Nous réclamons par ailleurs d’être davantage associés à la réflexion qui débouchera sur l’opérationnalisation de mesures préconisées dans le rapport sur l’orientation.

Notre interlocuteur nous rappelle tout d’abord qu’un rapport n’engage que ces rédacteurs et que les préconisations qu’il propose, pour intéressantes qu’elles soient supposent souvent des adaptations qu’il appartient au ministre de préciser avant toute mise en œuvre. Il insiste sur la nécessaire concertation qui doit accompagner l’émergence de ces mesures. Cette phase a été amorcée et se poursuivra ; l’UNSA Education et le SI.EN y sont associés (prochaine rencontre le 16 septembre). Il insiste aussi sur le réel besoin de réformer un dispositif souvent critiqué, pour de bonnes et de mauvaises raisons, mais qui constitue un élément essentiel pour la construction d’une société plus apaisée et plus équilibrée.

En fin de réunion, le DGESCO nous a dit tout l’intérêt qu’il avait ressenti à cet échange et nous a proposé une nouvelle rencontre, en présentiel cette fois, fin septembre ou début octobre. Nous l’avons remercié de cette perspective de débats réguliers avec lui.

En marge de l’entretien, nous ne pouvions oublier que l’actuel DGESCO est aussi le DGRH avec lequel nous avons travaillé pour la mise en place des mesures de l’agenda social. Nous l’avons donc interrogé pour savoir où en étaient les mesures retenues. Il nous a tout d’abord confirmé l’arbitrage favorable du cabinet du ministre et nous a assuré que, conformément aux engagements de Jean-Michel Blanquer, tout avait été fait pour prendre en compte l’importance et l’urgence de ce dossier. Nous avons donc eu une nouvelle confirmation de l’avancée de nos revendications, même s’il est clair que les mesures budgétaires retenues doivent à présent être validées dans le cadre du budget de l’État. Nous continuerons à nous montrer attentifs, en veillant en particulier à ce que les mesures prévues soient concrétisées le plus rapidement possible. Si nous ne contrôlons en rien la dimension financière, nous pouvons en revanche surveiller l’évolution des textes réglementaires qui encadreront les décisions budgétaires. Nous tiendrons nos adhérents régulièrement informés de toute évolution en ce domaine.
Joomla Extensions

Paramétrages de cookies

×

Cookies fonctionnels

Ce site utilise des cookies pour assurer son bon fonctionnement et ne peuvent pas être désactivés de nos systèmes. Nous ne les utilisons pas à des fins publicitaires. Si ces cookies sont bloqués, certaines parties du site ne pourront pas fonctionner.

Mesure d'audience

Ce site utilise des cookies de mesure et d’analyse d’audience, tels que Google Analytics et Google Ads, afin d’évaluer et d’améliorer notre site internet.

    Contenus interactifs

    Ce site utilise des composants tiers, tels que ReCAPTCHA, Google Maps, MailChimp ou Calameo, qui peuvent déposer des cookies sur votre machine. Si vous décider de bloquer un composant, le contenu ne s’affichera pas

    Réseaux sociaux/Vidéos

    Des plug-ins de réseaux sociaux et de vidéos, qui exploitent des cookies, sont présents sur ce site web. Ils permettent d’améliorer la convivialité et la promotion du site grâce à différentes interactions sociales.

    Autres cookies

    Ce CMS Joomla utilise un certain nombre de cookies pour gérer par exemple les sessions utilisateurs.