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1999 - Préface de Patrick Roumagnac, Secrétaire Général du SI.EN

        Se pencher sur notre passé pour mieux préparer les défis de demain, telle est la mission dans laquelle s’est investie en 1999 une équipe de recherche constituée d’anciens secrétaires généraux et militants de notre syndicat.
        Lors de la présentation de ce travail au Centre Henri Aigueperse, la passion et la fougue de nos aînés ont fourni une belle leçon pour l’avenir.
        Loin de toute nostalgie ou de tout regret, nos camarades ont montré que si les hommes passent, si les revendications évoluent, notre syndicat reste toujours ancré sur ses valeurs de laïcité et qu’il porte haut le drapeau de la lutte pour plus de justice sociale et pour plus d’efficacité  du service public d’éducation.
        Ces valeurs, qui nous fédèrent au sein de la FEN, n’excluent nullement notre aspiration à un statut à la hauteur des missions qui nous sont confiées par la République. Définition de nos missions et évolution de notre statut sont les composantes indissociables de notre combat syndical ; c’est par l’articulation de ces deux dimensions que nous devons faire entendre à nos interlocuteurs ministériels la légitimité de nos revendications.
        Merci donc à nos camarades qui ont su nous rappeler avec pertinence que seule notre union, au sein de notre syndicat, nous permettra de faire avancer nos idées et nos aspirations.


1999 - Présentation : un syndicalisme ouvert sur les problématiques éducatives

         Le Syndicat des Inspecteurs de l’Education Nationale est né en 1993 de la fusion de trois syndicats pré-existants, le SNIIO (Syndicat des Inspecteurs de l’Information et de l’Orientation), le SNIET (Syndicat des Inspecteurs de l’Enseignement Technique) et le plus ancien d’entre eux, le SNIDEN (Syndicat National des Inspecteurs Départementaux de l’Education Nationale).
        En mettant leurs acquis en commun, ces trois organisations ont permis le maintien d’une tradition syndicale originale, inhabituelle chez des fonctionnaires investis d’autorité.
         Au niveau de l’école, les inspecteurs ont su utiliser leur ancrage sur le terrain et les multiples facettes d’une fonction dont nul autre échelon hiérarchique existant n’aurait pu maîtriser la complexité, pour imposer leur indépendance et se doter d’une liberté d’expression et d’action pouvant aller parfois jusqu’à leur opposition à telle instruction reçue avec laquelle ils ne pouvaient transiger, voire, dans les cas extrêmes, jusqu’à en refuser l’exécution au risque de compromettre leur carrière.
         N’ayant jamais accepté la docilité inconditionnelle et les avantages illusoires qu’elle peut procurer, les inspecteurs ont dû engager, à plusieurs reprises, des mouvements d’abstention afin d’obtenir l’amélioration de leur situation « matérielle et morale », ainsi que celle de leurs conditions de travail. Cette liberté d’expression, qu’il avait fallu gagner et maintenir, conféra au syndicat un réel pouvoir d’influence, très utile à l’occasion du contrôle des procédures individuelles – mutations ou promotions d’échelon – ou lors de la défense de collègues parfois en butte à l’autoritarisme de certains administrateurs locaux qui, à la différence des plus avisés d’entre eux et de la plupart des autorités ministérielles, croyaient déchoir en prenant l’avis du syndicat avant d’engager des procédures susceptibles d’entraîner son opposition motivée.
         Toutefois, quelle qu’ait pu être l’importance de la défense des intérêts « bien compris » des ses membres, le syndicat des inspecteurs n’a jamais borné son action au seul domaine corporatif.
         Hommes et femmes de culture, ces inspecteurs ont su opter pour un syndicalisme ouvert, en revendiquant et en prenant toute leur place dans des débats liés à la problématique éducative de leur temps : formation des élèves, des enseignants, des inspecteurs eux-mêmes ; participation aux concertations organisées par le ministère de l’Education nationale et par la Fédération de l’Education nationale sur le fonctionnement et la gestion du système éducatif, la décentralisation, etc.… De nombreuses procédures pédagogiques ou réglementaires actuellement mises en œuvre portent la marque des interventions du syndicat des inspecteurs. D’autres ont été oubliées, que l’on redécouvre vingt ans après, parées des habits de la nouveauté...
         Quelles furent donc les thèses défendues par ces syndicats aux périodes particulièrement sensibles, comme en 1971-72 sur les formations initiale et continue, ou en 1981-83 pour la rénovation pédagogique ?
         Des réponses à cette question ne manqueront pas d’apparaître à la lecture de l’histoire de ce syndicalisme des inspecteurs, présentée sous la forme d’une réflexion chronologique organisée par thèmes dont nombre d’entre eux restent toujours actuels.


1999 - Un "devoir" de mémoire - Jean-Claude Mitéran, ancien membre du Bureau National du SI.EN

        Le Centre Henri Aigueperse, par son Secrétaire général Guy Le Néouannic, désireux, au sein d’une étude plus vaste, de reconstituer l’historique des syndicats qui composent la F.E.N., a souhaité obtenir, à ce titre, une contribution du Syndicat des Inspecteurs de l’Education Nationale.
        Sur la proposition de Michel Le Bohec, une équipe s’est donc constituée. Elle réunissait d’anciens Secrétaires généraux (A. Guillot, M. Moisan, J. Tétard, M. Marucelli) et d’anciens animateurs des commissions corporative et pédagogique (J. Buisson, M. Cruchet, M. Luc, J.-Cl. Mitéran). Au fil des mois, plusieurs réunions du groupe, animé, sur proposition de ses membres, par J.-Cl. Mitéran chargé de la coordination des travaux et de leur présentation finale, ont permis d’explorer différents domaines de l’action syndicale, plus particulièrement de 1945 à 1993, les participants ayant décidé de limiter leur étude à l’historique du seul SNIDEN. Pour y faire suite, une actualisation du propos, du congrès de Strasbourg - préparatoire à la transformation du syndicat par regroupement des SNIDEN, SNIET et SNIIO - jusqu’à nos jours, a été demandée à l’équipe constitutive de l’actuel Bureau National du SI.EN-FEN.
        A travers l’étude des archives et les témoignages, les membres du groupe se sont donc répartis les domaines de recherche. Chacun de ceux-ci a fait, ensuite, l’objet d’une synthèse écrite, proposée et discutée en réunion plénière.
        C’est ainsi qu’Albert Guillot et Jean-Claude Mitéran ont traité de l’histoire du syndicat, depuis la création, en 1929, du " Syndicat des Inspecteurs de l’Enseignement primaire de France et des Colonies " jusqu’au congrès de Créteil (1997) consacrant la naissance du Syndicat de l’Inspection.
        Jean Tétard a relevé les engagements et les combats pour la défense de la laïcité, ainsi que les relations entre le SNIDEN et la FEN. Liant l’évolution du syndicat à celle de la Fonction publique - pour en constater les trop fréquents écarts - Jean Buisson et Michel Cruchet, ont retracé les luttes corporatives et précisé les acquis, toujours insuffisants mais toujours obtenus grâce à la mobilisation de chacun au sein de notre syndicat. Michel Moisan et Michel Luc, enfin, ont étudié la formation des inspecteurs dans la perspective plus large de la formation initiale et continue des personnels de l’Education nationale développée dans les nombreux écrits produits, notamment de 1968 à 1985, par la commission pédagogique du SNIDEN.
        C’est à Michel Marucelli, actuel membre du Bureau du SI.EN-FEN, qu’est revenue la tâche de compléter l’étude, de 1993 à nos jours.
        Ces textes feront peut-être, ultérieurement, l’objet d’une publication, au moins pour servir à l’information des futurs collègues. En l’attente, et sous une forme évidemment allégée, les résultats de l’étude ont été présentés, oralement, le 10 mars 1999 au siège du Centre Henri Aigueperse, en présence des co-auteurs et de Patrick Roumagnac, Secrétaire Général par intérim du SI.EN-FEN. Ont également participé au débat qui a suivi, Guy Le Néouannic, Jean-Paul Roux, Secrétaire Général de la FEN, ainsi qu’un certain nombre de personnalités dont Jean Deygout, IG et ancien Directeur au ministère qui, de par ses fonctions, fut longtemps un interlocuteur privilégié du SNIDEN.
        Reprenant, très partiellement, l’introduction à la présentation du texte, nous redirons ici que " le Syndicat des Inspecteurs de l’Education Nationale reste le syndicat le plus représentatif des I.E.N.
            - parce qu’il a toujours réussi à surmonter en son sein les tendances,
            - parce qu’il a pris toute sa part dans la défense de la laïcité,
            - parce qu’il n’a jamais renoncé à obtenir le rattrapage d’un déclassement constaté
            - et parce qu’il s’est largement impliqué dans l’évolution pédagogique. "


Version intégrale du document (1929-1999 Du Syndicat des Inspecteurs Primaires de France et des Colonies... au Syndicat de l'Inspection)
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