desequilibre balance

 Depuis un certain temps, les inspecteurs pouvaient avoir l'impression qu'il y avait un consensus entre leurs organisations syndicales représentatives quant à la nécessité de mettre en place un corps unique d'inspection fondé sur la reconnaissance de l'égale dignité et de la nécessaire égale reconnaissance de tous les inspecteurs. Un article du Café pédagogique nous rappelle qu'il existe pourtant de profondes différences...

Le corps unique d'inspection pour le SUI : ne mélangeons pas les torchons et les serviettes !

Avouons-le : syndicat très largement majoritaire des IEN, comme nos camarades du SNIA-IPR le sont pour les IA-IPR, nous étions un peu déçus de nous être fait damer le pion par le SNPI-FSU et le SIA qui avaient officialisé leur rapprochement, ce que nous imaginions comme la marque de leur attachement à la construction d'un corps unique d'inspection. Nous y voyons plus clair aujourd'hui et il est clair à présent que le nouveau syndicat résultant de ce rapprochement, le SUI-FSU, s'éloigne drastiquement de l'ambition d'un corps unique que le SI.EN UNSA porte depuis sa création en 1990, lors de la fusion du SNIDEN, du SNIET et du SNIIO.

 

 

Ce que dit le SUI-FSU Ce qu'en pense le SI.EN UNSA
Né le 10 novembre, le nouveau Syndicat unitaire de l'inspection SUI-FSU a porté à sa tête Eric Nicollet, un IEN du second degré. Le nouveau syndicat est issu de la fusion du SNPI Fsu et du SIA, deux syndicats qui représentaient chacun environ un cinquième des inspecteurs. "C'était un regroupement attendu depuis longtemps, nous a dit E Nicollet. "Nos deux syndicats portaient dans leur mandat l'idée d'un grand corps de l'inspection pédagogique. Le grand corps de l'inspection n'est pas une "idée", cela doit devenir une réalité tangible et ce n'est que dans une définition rigoureuse qu'une telle structure pourra répondre aux attentes des inspecteurs, mais aussi sera en mesure de contribuer à une réelle amélioration du fonctionnement de l'Ecole. Il faut en outre se demander ce que nos collègues appellent un "grand corps de l'inspection pédagogique". Rappelons à cet égard ce qu'écrit le SIA : "Ces deux axes conduisent les membres de la CAN à poser la question du corps unique. Le SIA répond résolument non si c’est un corps unique partiel qui ne regrouperait que les IEN et les IA car il se ferait à l’évidence à notre détriment. En revanche, le seul corps unique que l’on peut accepter est celui de tous les inspecteurs, y compris les inspecteurs généraux. Il présenterait alors, à l’image de celui des chefs d’établissement, trois niveaux d’entrée et trois carrières indiciaires différenciées (échelle C pour les IA). Cela rendrait plus lisible l’organisation du corps d’inspection au service du système éducatif, chaque niveau ayant une utilité définie et complémentaire."
On souhaite surtout avoir un corps permettant de retrouver une formation commune car on travaille sur les mêmes élèves et équipes". Car le nouveau syndicat ne souhaite pas une fusion complète des IEN et IPR. "Il ne s'agit pas d'avoir un recrutement unique. On veut garder nos deux types de recrutement", nous dit-il, Une fusion "partielle" ? Sommes-nous sérieux ? Cela s'appelle au mieux une émulsion ! Deux types de recrutement ? Là encore, il faudrait être plus clairs : il y a bien longtemps, en effet, que le recrutement des inspecteurs est davantage défini par leur spécialité de recrutement que par leur corps. Quand on recrute un IEN STI, les compétences disciplinaires recherchées sont fort différentes de celles d'un inspecteur du 1er degré, ce qui n'empêchera pas à terme ces deux collègues de se reconnaître au sein d'un même corps professionnel.
"avec une grille respectant le niveau de rémunération des collègues dans leur corps". Les IPR sont issus des agrégés ce qui n'est pas le cas des IEN et il faut donc maintenir des conditions d'attractivité des carrières. "Il ne s'agit pas de tout fondre dans une grille unique où tout le monde serait au même indice". Grandiose ! Au moment même où nous venons d'obtenir un alignement des indices terminaux de la classe normale et de la hors classe des IEN et des IA-IPR, nos camarades nous expliquent calmement que leur souhait est de rétablir une différenciation entre les uns et les autres. Comment légitimer cette différence dans les carrières, mais tout bonnement en énonçant que les IA-IPR sont issus des agrégés ! Pour rétablir la vérité, rappelons tout de même que cette filiation ne concerne en réalité que les deux tiers du corps. Il ne nous semble pas incohérent de préciser que si nous reconnaissons évidemment le remarquable investissement professionnel des enseignants qui s'orientent vers l'agrégation (ce qui peut aussi nous amener à regretter que cette distinction professionnelle n'existe que dans certaines disciplines ou spécialités...), ce titre garantit une maîtrise disciplinaire, mais n'apporte pas nécesairement une plus-value pour un inspecteur dans l'exercice de son métier. Nos camarades du SUI ont tout de même un réel mérite, car ils inventent ici un nouveau concept : le corps unique qui respecte la partition actuelle !
Alors que la grande majorité des enseignants sont hostiles aux réformes ministérielles, comment les inspecteurs doivent-ils se positionner ? "On est des fonctionnaires d'Etat", nous dit E Nicollet. "On doit concilier notre conception du système éducatif et notre métier qui est de conduire les réformes décidées par la représentation nationale. On est là pour mettre en place des lois et des réglements, on n'est pas là pour décider chaque jour une action annoncée la veille par voie de presse. Intéressante confusion entre la position syndicale et le statut professionnel. "On est là pour mettre en place des lois et des réglements"... Professionnellement, il est évident que les inspecteurs ont à jouer un rôle d'interface entre la chaîne décisionnelle et les enseignants. Notre objectif n'est pas de "mettre en place", mais d'expliciter et d'accompagner les équipes, mais aussi de faire remonter sans complaisance les observations de terrain que nous sommes les seuls à pouvoir mener en toute objectivité. Syndicalement, nous ne pouvons que prendre conscience des tensions au sein du système éducatif. Ceci nous amène une fois encore à alerter le ministère et à rechercher des solutions structurelles, plutôt que de se limiter à des critiques conjoncturelles.
Cela ne nous empêche pas de rester dans le conseil vis à vis des Dasen et des recteurs et dans la revendication d'un système plus égalitaire". Car , pour E Nicollet, "force est de constater que ces dernières années le système éducatif n'est pas devenu plus égalitaire et que les dernières réformes ont tendance à creuser les écarts entre les élèves qui réussissent le mieux et qui sont issus des familles les plus aisées et ceux qui réussissent moins et qui sont majoritairement issus des milieux plus populaires". C'est sans doute le seul point sur lequel nous pourrions nous accorder avec nos collègues dans le cadre de cet interview. En effet, nous soutenons de longue date qu'il est parfaitement envisageable de concilier justice sociale et efficacité au sein du système éducatif. Il nous semble en revanche très audacieux de prétendre que les dernières réformes ont tendance à accroître les écarts entre les populations scolaire sur la base des différenciations clairement identifiées depuis si longtemps par Bourdieu et Passeron. Certes, la réduction de ces écarts et l'élévation globale du niveau de tous les élèves constitue l'enjeu majeur pour l'Ecole de la République, mais ce n'est sans doute pas en pointant telle ou telle réforme (souvent accompagnée avec efficacité par les inspecteurs) que nous pourrons vraiment faire évoluer une situation qui impose une analyse systémique plus approfondie.

 

Alors, oui : il y a une vraie différence entre le SI.EN UNSA et le SUI-FSU et cette différence s'appelle la volonté de mettre en place un vrai corps unique d'inspection, également respectueux de toutes les inspectrices et de tous les inspecteurs !

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Vos réactions

 Faut-il en sourire pour ne pas pleurer... 
En quoi un corps unique serait-il dégradant ?
Alors donc, dans la maison éducation, l'accès aux étages se ferait par des ascenseurs distincts ? Ce n'est pas sans rappeler les antiques maisons bourgeoises avec leurs escaliers de services.
Il reste à espérer que ce 20% ne servira pas de levier pour immobiliser le changement que le 80% ''restant'' envisage avec raison.

 

 

 

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