L’audience accordée par le directeur de cabinet de la ministre de l’Éducation nationale s’est tenue dans un climat serein, mais sans concession…

Représentants du SI.EN UNSA, nous avons commencé par tirer un bilan des engagements pris (et insuffisamment tenus !) par le ministère. Nous avons rappelé qu’au début de la mandature le directeur de cabinet de Vincent Peillon nous avait soutenus dans notre démarche visant à mettre en place un corps unique d’inspection, avant, très rapidement, de nous orienter plutôt vers un rapprochement des carrières des IEN et des IA-IPR, stratégie qui a été maintenue jusqu’à la fin des discussions du GT 10.

Dans la même dynamique, nous avions revendiqué un rapprochement de la situation indemnitaire des inspecteurs et des chefs d’établissement dans les secteurs relevant de l’Éducation prioritaire. Là encore, nous avions obtenu un soutien clair des services du ministère. Quelle déception, quelle humiliation, quand l’arrêté évoqué dans le décret a instauré une indemnité de 500 €, soit cinq fois inférieure à celle des chefs d’établissement !

Nous avons pourtant souligné l’engagement des inspecteurs pour soutenir et accompagner les réformes capitales dont l’École de la République a besoin. De la mise en place des rythmes scolaires à celle de la réforme du collège en passant par la revalorisation de la voie professionnelle, les inspecteurs ont été mobilisés sur tous les fronts, montrant en tous lieux leur compétence et leur loyauté.

Pourtant, malgré cet engagement indéfectible, dont notre interlocuteur n’a nié ni la réalité ni l’efficacité, les inspecteurs ont la triste impression d’être méprisés par le ministère… Il n’est pas dans nos intentions de réécrire l’histoire. Nous avons fait confiance à des responsables qui affichaient volontiers leur reconnaissance à l’égard des inspecteurs, mais semblaient fort peu enclins à tirer les conséquences de ce constat !

Après avoir établi le bilan de ce qui avait été réalisé jusqu’alors, nous avons revendiqué un certain nombre d’évolutions. Dans un premier temps, le directeur de cabinet a souligné son incapacité à apporter des réponses immédiates, mettant en avant l’absence de budget pour les mettre en œuvre. Nous avons souligné le caractère inacceptable d’une telle réponse, ce qui a amené notre interlocuteur à nuancer sa position initiale.

Mis à part la question de la revendication d’un corps unique d’inspection, qui reste notre préoccupation majeure, nous avons ainsi exigé :

-       une revalorisation du montant de l’indemnité REP/REP+ des inspecteurs, afin que celle-ci soit alignée sur celle des chefs d’établissement ;

-       l’ouverture immédiate de négociations pour traiter du PPCR des inspecteurs, à l’instar de celles concernant les personnels de direction ;

-       l’intégration de nos indemnités dans nos salaires, afin qu’elles interviennent dans le calcul de nos pensions de retraite ;

-       une augmentation du ratio pro/pro de la HE B à hauteur de ce qui avait été initialement convenu, afin d’avancer le plus rapidement possible vers une intégration de cet échelon exceptionnel au sein de la hors classe ;

-       une revalorisation de la fin de classe normale des inspecteurs avec une réduction de la durée des derniers échelons et l’ajout de deux échelons supplémentaires pour accéder à la HE A. Il est à noter que cette revalorisation apparaît comme une conséquence incontournable de la revalorisation des corps viviers.

Nous avons précisé que l’ensemble de ces mesures apparaissait comme indispensables, tant pour reconnaître le degré d’investissement et de compétences des inspecteurs que pour garantir une véritable progression de carrière légitimée par les modalités exigeantes de nos recrutements.

Au-delà des attentes fortes que nous avons posées, nous avons aussi tenu à souligner l’épuisement des inspecteurs. Alors que nous sommes sollicités pour intervenir dans toutes les réformes mises en place et appelés à répondre dans l’urgence aux demandes les plus diverses (et parfois les plus incongrues !) de notre hiérarchie, les conclusions de l’enquête menée par Georges Fotinos et José Mario Horenstein montrent sans appel à quel point les inspecteurs sont malmenés et souffrent, physiquement, intellectuellement et psychologiquement de la maltraitance dont ils sont victimes.

Nous avons assuré notre interlocuteur que ces mots qui peuvent sembler particulièrement durs ne sont que le fidèle reflet de ce que vivent les inspecteurs au quotidien. Nous avons aussi montré à quel point la bienveillance ou le mépris de notre hiérarchie pouvait être déterminant de notre souffrance au travail. En effet, il n’est pas simplement question du volume de travail qui nous est confié, mais de la cohérence que nous percevons ou non et de la capacité que nous avons ou pas à donner du sens à notre action.

À l’issue de deux heures d’entretien, le directeur de cabinet a manifestement pris conscience du mal-être des inspecteurs. Il s’est engagé à nous rencontrer de nouveau à brève échéance pour faire le point de ce qui était envisageable pour répondre à certaines de nos attentes.

Nous nous réjouissons de cette attitude ouverte, cependant nous n’envisageons pas de baisser la garde et maintenons très clairement le mot d’ordre en place relatif au refus de participer à toute rencontre institutionnelle dans le cadre de l’éducation prioritaire. Nous appelons les inspecteurs assumant des responsabilités dans l'éducation prioritaire à continuer les opérations de gestion au quotidien en direction des enseignants, des partenaires, des parents et des élèves, mais de refuser de participer à toutes les manifestations organisées par notre hiérarchie ou par le ministère. Nous leur demandons aussi de ne répondre à aucune enquête institutionnelle relevant du champ de l'éducation prioritaire.

Par ailleurs, nous avons affirmé à notre interlocuteur que la charge de travail des inspecteurs arrivait à un tel niveau qu’il était inimaginable de la surcharger encore. Dans ce contexte, nous avons indiqué que la préparation ou la participation aux web-conférences envisagées par la DGESCO était perçue comme une véritable provocation. Nous avons indiqué que nous appelions les inspecteurs à refuser de répondre à cette demande. Un message spécifique en ce sens a été rédigé pour transmission au cabinet de la ministre.
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