Le ministère attend des IEN qu’ils soient des acteurs clés de l’accompagnement des 800 collèges les plus exposés à la difficulté scolaire. Ces établissements, qui représentent 15% des collèges, concentrent 40% des élèves obtenant moins de 8/20 en français et maths au brevet. Il s’agit d’articuler : expertise premier degré, continuité école‑collège et appui direct au pilotage.
Analyse et réaction du SI.EN
Un texte publié dans l’urgence
Lors de la préparation du texte publié au BO le 18 décembre 2025, le ministère avait omis d’associer le SI.EN, syndicat majoritaire des IEN, nécessitant un rattrapage en urgence le jour même via une réunion improvisée.
Commençons par ce que dit le texte avec un focus sur les points concernant les inspectrices et les inspecteurs.
Un rôle central des IEN
Les IEN intègrent l’équipe ressource académique (aux côtés des IA-IPR, CPC, PsyEN, etc.) pour accompagner l’analyse des besoins, la construction et le suivi des feuilles de route pluriannuelles des collèges, avec présence régulière sur site.
Une expertise pédagogique et éducative attendue
Les IEN apportent conseil pédagogique et éducatif, éclairage professionnel et partage de perspectives pour soutenir les chefs d’établissement, sans dimension évaluative, via formations, analyses de pratiques et observations croisées.
Les IEN garants de la Continuité école-collège
Les IEN, pivots du continuum inter-degrés, intègrent l’expertise premier degré (apprentissages fondamentaux, remédiation) dans les plans d’action des collèges, en lien avec écoles de secteur et circonscriptions.
Suivi et pilotage
Les IEN pourront être désignés inspecteur référent pour un collège/réseau ; animer les conseils pédagogiques et remonter qualitativement l’avancement des actions auprès des IA-DASEN et recteurs.
Attendus concrets
- Diagnostics et choix de leviers : présence dans collèges pour identifier les besoins (pédagogie, climat, implications des familles).
- Co-construction de formations : élaboration de plans pluriannuels dès 2026.
- Articulation avec CASF : suivi des résultats sur 3 ans.
Réponse et réaction du du SI.EN-UNSA (audition du 18/12)
Le SI.EN-UNSA approuve le fond de ce projet d’accompagnement des 15% des collèges les plus en difficulté, qui mobilise justement l’expertise des IEN pour renforcer la continuité école-collège et soutenir concrètement les équipes éducatives dans l’intérêt des élèves.
Néanmoins, des conditions sont à remplir : le SI.EN a affirmé deux préalables pour libérer du temps face à l’alourdissement constant de nos missions :
- La généralisation effective d’un 3e conseiller pédagogique par circonscription ( et non pas du bricolage local avec une redirection de postes déjà existants, comme par exemple, les enseigants référents chargés du numérique ),
- La sanctuarisation des assistants de circonscription ( Un équivalent temps plein, ETP, par structure, et donc la fin des mutualisations sauvages, opérées ou en cours, dans plusieurs territoires ).
Le SI.EN UNSA insiste également sur la nécessité d’un cadrage national du dispositif pour maîtriser la charge de travail et prévenir une inflation des déclinaisons locales. Sans ces garanties, les IEN ne pourront pas assumer pleinement le suivi du parcours scolaire global des élèves dans ce cadre. En d'autres termes, cela signifie que nous réfutons totalement des "expérimentations" telles que certaines autorités hierarchiques savent les faire et ont pu nous les démontrer récemment.
Il appartient desormais au ministre de nous répondre sur les préalables demandés par le SI.EN.
En tout état de cause, le SI.EN-UNSA soutiendra les collègues inspectrices et inspecteurs qui seront dans l’impossibilité d’assurer cette nouvelle mission dans leur contexte de charges de travail ingérables.