À l’heure où se dessine l’avenir politique et structurel de notre institution, le SI.EN entend pleinement prendre part aux évolutions en cours et faire entendre la voix des inspectrices et des inspecteurs, au plus près des réalités du terrain.
Le 15 septembre, le SI.EN était présent à l’Institut des hautes études de l’éducation et de la formation à l’occasion du premier regroupement des lauréates et lauréats du concours d’inspecteur de l’Éducation nationale.
Cette rencontre a permis de nombreux échanges avec celles et ceux qui entrent aujourd’hui dans le métier. Nous remercions chaleureusement toutes les personnes qui sont venues à notre rencontre. Beaucoup ont choisi d’adhérer au SI.EN, rejoignant celles et ceux qui avaient déjà franchi le pas et renforçant ainsi le collectif indispensable à la conduite de nos actions.
Car défendre notre métier, ses conditions d’exercice et sa capacité d’action suppose aussi de construire une force collective capable de porter la parole des inspectrices et des inspecteurs.
Nous serons prochainement nombreuses et nombreux à nous retrouver dans le cadre du regroupement consacré à ce qui est communément appelé le "P350".
Une appellation pour le moins surprenante, peut-être hybride… ou pas !
Derrière ce clin d’œil se pose toutefois une question beaucoup plus sérieuse : quelle place notre institution entend-elle réellement accorder aux inspectrices et aux inspecteurs dans son fonctionnement et dans la mise en œuvre des politiques éducatives ?
Les inspectrices et les inspecteurs de l’Éducation nationale ne supportent plus de se voir imposer, de manière verticale, des injonctions contradictoires ou paradoxales.
Cette manière de fonctionner n’a plus de sens. Elle est infantilisante, contreproductive et contribue à disperser notre énergie, tout en fragilisant notre professionnalité.
Les IEN disposent d’une expertise professionnelle, d’une connaissance fine des territoires et d’une capacité d’analyse qui doivent être pleinement reconnues. Nous sommes parfaitement capables de lire, d’interpréter et de mettre en œuvre les textes qui régissent notre action dès lors qu’ils s’inscrivent effectivement dans le cadre de nos missions.
Être cadre ne saurait se résumer à relayer des consignes successives. Cela suppose de pouvoir exercer ses responsabilités, analyser les réalités du terrain, hiérarchiser les priorités et disposer des marges d’autonomie nécessaires pour agir efficacement au service des équipes et des élèves.
Dans ce contexte, le SI.EN UNSA revendique avant tout la reconnaissance statutaire du travail accompli quotidiennement sur le terrain.
Cette reconnaissance passe aussi par une évolution des relations hiérarchiques. Les postures autoritaires ne permettent ni de mobiliser les compétences professionnelles des inspectrices et des inspecteurs ni de construire durablement la confiance dont notre institution a besoin.
Le SI.EN continuera donc de défendre une conception exigeante du métier d’inspecteur, fondée sur la responsabilité, l’expertise, l’autonomie et le dialogue.
C’est aussi à cette condition que nous pourrons contribuer pleinement à la construction collective d’une École plus juste, au service de la réussite de tous les élèves.
Le SI.EN UNSA continuera à porter cette exigence : reconnaitre les inspectrices et les inspecteurs comme des cadres à part entière, leur donner les moyens d’exercer leurs responsabilités et construire avec eux, plutôt que pour eux, les évolutions dont notre système éducatif a besoin.
Nous avons été reçus mardi par Monsieur le ministre dans ce GNPI (groupe national des personnels d'inspection) qu’il a souhaité créer, avec un cadre très clair, conforme aux élections professionnelles de 2022 : 3 représentants du SIEN-UNSA, 2 représentants du SNIA-IPR et 1 représentant du SUI-FSU.
Voici les principaux éléments qui ont été traités :
Une note signée du ministre, relative aux frais de déplacements (réduction des délais de remboursement, possibilité d’avance des frais à hauteur de 75%, rappel du droit sur la non-justification des frais de repas) va être envoyée demain à tous les recteurs. Il s’agit d’une réelle avancée, cette problématique étant porté par le SI.EN, au regard des remontées quotidiennes de nos adhérents, depuis de nombreux mois. Le ministre s’est engagé à nous la faire parvenir sous 48H. Dès réception, vous la trouverez sur notre site.
Le ministre nous a entendu sur les aspects statutaires, en ce sens qu’il a saisi la structure interministérielle dédiée (guichet unique) au sujet de la linéarisation de l’échelon spécial de la hors classe des IEN.
La circulaire de rentrée, de trois pages, a été publiée ce jeudi 7 mai. Elle cible principalement les orientations pédagogiques prioritaires.
Au BO du 21 mai, apparaitront : le nouveau référentiel des directeurs d’école, le cadrage du pilotage pédagogique des classes dédoublées et du plan maternelle.
Le compte-rendu complet en pdf est disponible en cliquant sur ce lien.
Le SI.EN UNSA a réclamé avec insistance auprès du ministère la mise en place d'un comité de suivi de la réforme de la voie professionnelle. L’objectif est clair : dresser un bilan rigoureux de cette première année de mise en œuvre, marquée par le déploiement du "parcours en Y".
Sur le terrain, le constat est alarmant : absentéisme record des élèves, épuisement des équipes enseignantes et surcharge de travail inédite pour les inspecteurs chargés de l’accompagnement des lycées. À cela s’ajoutent des tensions critiques sur l’organisation des examens.
L’action du SI.EN auprès de nos interlocuteurs ministériels est constante : nous demandons un retour à une organisation cohérente. Cette réforme, précipitée, a été dictée par l’affichage politique, notamment l'objectif de "doubler le volume des PFMP", plutôt que par des impératifs pédagogiques.
Pour satisfaire cette injonction présidentielle, le cabinet de la ministre Grandjean a dû concevoir un dispositif "au chausse-pied", aboutissant à ce schéma en Y.
Si ce dernier permet techniquement d'augmenter le temps en entreprise pour les élèves visant l’insertion immédiate, le coût est exorbitant : désorganisation des services, baisse drastique des heures d’enseignement et démobilisation scolaire.
Retrouvez sur le site de notre fédération les pistes et solutions portées par l’UNSA pour sortir de cette impasse.
➡️ Terminale pro : le comité de suivi soumet le Y à la réflexion
Le ministère attend des IEN qu’ils soient des acteurs clés de l’accompagnement des 800 collèges les plus exposés à la difficulté scolaire. Ces établissements, qui représentent 15% des collèges, concentrent 40% des élèves obtenant moins de 8/20 en français et maths au brevet. Il s’agit d’articuler : expertise premier degré, continuité école‑collège et appui direct au pilotage.
Analyse et réaction du SI.EN
Alors que des informations un peu schématiques circulent depuis une semaine sur l’indiciaire et l’indemnitaire des IEN, ce qui nous a conduits à répondre et expliciter individuellement à de nombreux collègues les écrits concernés, vous trouverez dans cet article un point exhaustif de l’historique et des perspectives sur le sujet
Petit historique :
Les IEN ont obtenu une revalorisation de l’indemnité de fonctions pour les IEN 1er degré en 2020 et de l’indemnité de charges administratives pour les IEN du 2nd degré en 2021 d’un montant brut annuel de 1 200 €.
En 2022, lors du passage au RIFSEEP, les IEN obtiennent une revalorisation indemnitaire via l’IFSE :
En cumulant les deux revalorisations, le régime indemnitaire des IEN lié aux fonctions occupées a progressé en moyenne de 2 054 € à 2 554 € brut annuel pour les IEN du 2nd degré (soit de 16 % à 20 % d’augmentation), et de 2 961 € à 3 461 € brut annuel pour les IEN du 1er degré (soit de 26 à 30 % d’augmentation).
Par ailleurs, un CIA a été mis en place progressivement à compter de 2023, passant de 500 euros annuel brut en 2023 à 1 600 euros en 2025.
Plusieurs revalorisations statutaires ont également été mises en œuvre pour les IEN :
Bien évidemment toutes ces avancées ne sont pas sans lien avec l’engagement, la détermination et la force de négociation du SI.EN-UNSA, force liée au nombre conséquent de nos adhérents !
Perspectives :
Concernant plus spécifiquement l’accès à l’échelon spécial de la hors classe pour l’année 2026, le raisonnement par le seul pourcentage est une sorte de leurre : en effet, le nombre de promouvables pour 2026 a doublé par rapport à 2025, ce qui a entrainé de fait, à moyens financiers constants, une régulation. En revanche, le SI.EN s’est emparé du sujet de sorte que le nombre de promus 2026 ne soit pas en baisse et, à ce jour, nous sommes en mesure de vous annoncer que ce sont potentiellement 37 collègues qui passeront à l’échelon spécial en 2026 contre 35 en 2025.
Mais cela n’est pas satisfaisant, car vous savez bien que nous nous battons depuis plusieurs mois pour la linéarisation de cet échelon spécial, et que nous étions proches d’aboutir avec le précédent ministère. Au passage, rappelons que c’est bien le SI.EN UNSA qui a négocié l’ouverture d’un dialogue spécifique au printemps 2025 et qui en a obtenu l’ouverture juste avant les congés d’été, le 1er juillet dernier. Même si le changement gouvernemental a mis en pause ce dialogue, nous continuons avec insistance à demander sa poursuite sans délai.
Vous avez pu, vous pouvez et vous pourrez toujours compter sur notre détermination sans faille pour aboutir sur les revendications que portons pour chacune et chacun des IEN.
Un peu comme sur la balance Roberval, chaque adhérent(e) apporte sa masse syndicale pour faire la faire pencher du bon côté.
Alors, n’hésitez pas à nous rejoindre !