Le rapport annuel du COR présente une situation plutôt satisfaisante de notre système de retaite, mais certaines données pourraient à terme se dégrader, notamment en fonction de l'évolution de la situation économique.


Conformément à la mission que la loi lui confie pour garantir l’avenir et la justice du système de retraite, le COR produit chaque année un document fondé sur des indicateurs qui permettent de mesurer l’adéquation du système de retraite à ses objectifs mais aussi d’anticiper ses évolutions dans une logique de pilotage à moyen et long terme.
A partir de cet ensemble de données nécessairement complexe, on trouvera ici deux éclairages contrastés.

Quatre données qui rassurent
-          le niveau de vie moyen des retraités en 2013 est légèrement supérieur (105,4%) à celui de l’ensemble de la population, grâce notamment à une croissance des pensions de retraite qui a été plus forte entre 2004 et 2014 que celle des revenus d’activité.
-          bien que connaissant en 2014 un léger déficit (-0,3 points de PIB), l’équilibre financier du système paraît pouvoir être assuré à l’horizon de 25 ans sans modification majeure des trois leviers qui traduisent un partage des efforts entre retraités et cotisants : l’âge moyen conjoncturel de départ à la retraite, le taux de prélèvement global et la pension moyenne relative des retraités.
-          les dispositifs de solidarité, qui représentent près de 30% de la masse totale des pensions, jouent un rôle essentiel dans la réduction des inégalités entre les retraités. Ces dispositifs bénéficient principalement aux femmes dans le cadre des droits familiaux. A noter que la création du compte pénibilité permettra de renforcer la prise en compte de la pénibilité ou du caractère dangereux de certains métiers.
-          l’espérance de vie poursuit une progression d’ensemble régulière malgré des variations annuelles conjoncturelles liées aux conditions épidémiologiques et météorologiques. A noter que l’écart entre l’espérance de vie des femmes et des hommes serait de quatre à cinq ans, mais avec seulement un an en bonne santé ou sans incapacité.

Quatre données qui inquiètent
-          la dégradation du rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités qui est passé de 2,1 en 2004 à 1,7 en 2014. Malgré l’augmentation progressive de l’âge moyen de départ à la retraite à 62 ans en 2018 puis à 64 ans à la fin des années 2040, ce rapport devrait continuer à baisser pour atteindre 1,4 en 2060.
-          l’évolution incertaine de la conjoncture économique qui pourrait impacter fortement les équilibres actuels : ainsi le maintien à long terme d’une croissance à 1% et d’un chômage à 10% verrait le déficit annuel atteindre -0,7 points du PIB à l’horizon 2060.
-          la pension moyenne continuerait de croître en euros constants (donc plus vite que les prix), mais moins vite que les revenus d’activité. Le niveau de vie relatif des retraités s’établirait entre 82,9 % et 96,8 % en 2040 et entre 74,0 % et 94,1 % en 2060, contre 105,4 % en 2013. La seule indexation des pensions sur les prix ne permettra pas de partager équitablement les fruits de la croissance entre actifs et retraités.
-          le rapport entre la pension moyenne des femmes et celle des hommes est certes en augmentation permanente, passant de 70% en 2004 à 75% en 2014, mais resterait encore de l’ordre de 90% en 2050 du fait de la persistance des différences de salaire. A noter toutefois que ces écarts se traduisent de manière atténuée en terme de niveau de vie (96% en 2014) car le niveau de vie est supposé identique pour les deux conjoints d’un couple. Ainsi, les écarts de niveau de vie entre les femmes et les hommes proviennent essentiellement des personnes qui ne vivent pas en couple.
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